• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 15 octobre 2008

Affaire MELANCHON/SYLVESTRE : Journaliste ? Vous avez dit journaliste ?

15102008

melanchon.jpgA l’heure où ces quelques lignes sont rédigées, 21855 personnes ont lu l’article « Mélanchon : « Il faut virer Jean-Marc Sylvestre de TF1 » sur le site http://www. jeanmarcmorandini.tele7.fr. 21855 personnes qui pensent que M. Mélanchon est un stalinien qui souhaite faire virer celles et ceux qui ne partagent pas ses idées…et pourtant, le sénateur socialiste n’a jamais tenu ces propos (ci-dessous la retranscription de l’interview accordé sur Canal + à Anne Sophie Lapix).

Cette histoire n’est « pas bien grave » en soit…Depuis, messieurs Mélanchon et Sylvestre ont pu s’en expliquer sur LCI (le lundi  13octobre). Pour autant, elle est révélatrice de ce qu’est devenu le métier de journaliste et la qualité des informations que ces derniers nous jettent en pâture à longueur de journée.

Revenons aux fondamentaux.

Qu’est-ce qu’un journaliste ? Le journaliste est une personne en charge de recueillir des informations, de les vérifier puis de les rendre public par le biais du média qui l’emploie. Au-delà de la simple brève descriptive qui n’apporte rien au lecteur, le journaliste doit décoder l’information en fonction de sa grille d’analyse propre. L’information n’a pas nature à être objective (qu’est-ce que l’objectivité ?) mais elle doit expliquer un événement, un fait particulier aux lecteurs/auditeurs/téléspectateurs/surfeurs ./… Pour autant, ce travail forcément subjectif doit respecter la véracité du fait/événement./…

Voilà, pour l’ancien journaliste que je suis, la définition, en quelques mots, du noble métier de journaliste.

Qu’en est-il donc ? L’information est devenue une marchandise comme une autre. Elle n’a pour unique utilité de faire vendre du média. Le journaliste est bien souvent devenu « l’hôtesse de vente » de son média. Est-il malhonnête ? Oui, parfois…Mais s’il est responsable, il n’est pas coupable.

La presse écrite est en perpétuelle crise, l’audiovisuel (j’y inclus le Web) est en recherche d’audience pour vendre de la publicité (toujours plus et plus cher…). Le journaliste n’a plus la pression de la « qualité de son écrit » mais de sa rentabilité. Il faut vendre, attirer les consommateurs, quitte à faire tenir des propos à des personnes qui ne les ont jamais tenus, quitte à aller voler des photos de quelques vedettes à la dérive, quitte à rechercher le scoop en direct (comme annoncer la mort d’une personne avant qu’elle ne survienne) !

Autre contrainte d’un secteur sinistré en terme d’emploi, celui des propriétaires des médias et des annonceurs.  Dans quelle mesure un journaliste du groupe TF1 peut critiquer Bouygues (ou réaliser un reportage sur la dangerosité des antennes relai des portables ?) ? Quel journaliste osera critiquer l’activité de Lagardère alors que ce dernier est son patron ? Comment un journaliste pourra émettre des critiques sur les qualités du produit d’une marque qui finance son média par son budget publicitaire ? [Je vous conseille la lecture de l’article suivant « Pour une déontologie marchande du journalisme » site Acrimed, http://www.acrimed.org/article1150.html ].

La désinformation et la pensée inique (terme que je préfère à celui d’unique) ne sont que les conséquences de la perversion d’un système médiatique qui a été abandonné au marché.

Evidemment, il demeure quelques rares exemples de presses libres…Mais ce ne sont, au final, que les exceptions qui ne changent pas la règle, une sorte de légitimation artificielle du paysage médiatique français.

 Et voilà ! 21855…Vous ne serez jamais autant à lire cet article…et donc nombreux seront celles et ceux qui n’auront pas accès à la vérité. Jean-Luc Mélanchon n’a jamais voulu virer Sylvestre (moi oui, mais j’ai des restes de stalinisme (un peu d’humour…voyons !) !  A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent !

Retranscription de l’interview de J-L Mélanchon sur Canal Plus. (source : site de Jean-Luc Mélanchon : http://www.jean-luc-melenchon.fr)

Anne Sophie Lapix : L’actualité de la semaine ce sont les bourses qui s’effondrent et la crise du système financier. Est-ce que vous buvez du petit lait ?JLM : Non. Mais je devrais car ce n’est pas faute d’avoir annoncé tout ça, on parlait à l’instant d’ATTAC, des altermondialistes de manière générale, des forums sociaux, combien de réunions avons-nous fait, combien de livres avons-nous écrit pour annoncer que ça allait mal finir et que cette économie de casino s’effondrerait. Mais maintenant, je suis comme beaucoup de gens qui ont lu les livres et qui connaissent leur histoire ; tout ce ci est dramatique, parce que tout le monde va être mis sous tension, la crise va passer de la finance à l’économie, de l’économie au social, du social à la politique et à l’international.

ASL : Et vous avez la solution vous, le nouveau modèle économique qui sauvera le monde ?

JLM : Vous pensiez que je l’exposerai là en quelques mots bien sûr … Non évidemment …

ASL : Vous avez peut-être une petite idée ?

JLM : Oui bien sûr. Je sais une chose. Il faut de toute façon, vaille que vaille, dans le moyen terme faire deux ruptures. L’une avec le modèle capitaliste d’accumulation sans fin, l’addition des intérêts particuliers sans intérêt général. L’autre rupture c’est avec le modèle productiviste, c’est-à-dire qu’on produit n’importe quoi, n’importe comment et on bousille la planète. Je mets en garde : les mêmes voyous qui ont pillé leur pays et ceux des autres sont en train de piller la planète, ce sont les mêmes.

ASL : On sait ce que vous refusez mais qu’est-ce que vous proposez ?

JLM : Il faudrait déjà se mettre dans la tête qu’il va bien falloir arrêter ce cirque. Car si vous les sauvez ils vont recommencer le lendemain.

ASL : Il faut les laisser mourir donc ?

JLM : Non il faut les punir et les chasser. A l’heure qu’il est il y a toutes sortes de grandes réunions mais dans les banques qui ont été nationalisées, ce sont les mêmes qui continuent à spéculer, parce que quand on vous dit les marchés ceci, les marchés cela, les marchés paniquent, mais c’est à cause des mêmes que ceux qui prenaient les décisions auparavant, ce n’est ni vous ni moi qui avons été faire la queue à la banque pour récupérer nos dépôts et heureusement, nous on fait de preuve de sens des responsabilités, pas eux.

ASL : Donc on les punit ?

JLM : On punit, vous comprenez l’expression, ça signifie qu’il faut savoir tourner la page et ne plus leur faire confiance. Ecoutez, ne faites pas confiance aux gens qui vous ont cassé les bras et les jambes pour venir vous les soigner. Donc cela veut dire qu’il y a tout un personnel médiatique, politique, économique qu’il faut pousser vers la sortie.

ASL : Y compris médiatique ?

JLM : Bien sûr, vous voulez un nom ?

ASL : Oui, allez-y ?

JLM : Votre collègue Jean-Marc Sylvestre qui nous fait le catéchisme libéral depuis bientôt 10 ans sur TF1, matin, midi et soir, en expliquant qu’il faut acheter des actions, qu’il faut faire des fonds par capitalisation

ASL : Il ne fait qu’analyser la situation, c’est un analyste !

JLM : Non pas du tout, il n’analyse rien du tout. Il fait de la propagande matin, midi et soir.

Alors vous m’avez posé une question concrète. Là je vous ai dit ce qu’il faudra faire à moyen terme. Mais il y a l’immédiat. Il faut mettre un pare feu entre la crise et l’économie réelle, l’économie productive. Il faut protéger l’outil de production et les travailleurs eux-mêmes. Parce que c’est ça qui va remettre le pays en route. D’abord la catastrophe va s’accentuer, les toits vont s’en aller. Mais c’est de là que ça va repartir. Alors il y a deux choses à faire : protéger l’activité. C’est-à-dire que M. Sarkozy plutôt que faire des phrases comme il le fait, ferait bien de traduire ça dans les faits : il ne faut pas supprimer les postes dans la fonction publique …

ASL : Vous avez parlé de bouclier social, je crois ?

JLM : Voila …

ASL : En quoi cela peut consister ?

JLM : Le bouclier social cela veut dire qu’on arrête de supprimer des postes dans la fonction publique, qu’on arrête de privatiser les grands services publics comme La Poste …

ASL : Donc on arrête tout alors, on arrête la politique de Nicolas Sarkozy ?

JLM : On arrête la politique libérale, bien sûr, mais ce n’est pas que ça. Il y a aussi les salaires, qui va relancer l’économie ? Tout le monde peut comprendre ça. L’économie ce n’est pas vos banquiers qui vont la relancer, c’est vous par votre travail productif. Donc il faut protéger les producteurs et protéger l’outil de production. Et donc tourner la page de la politique libérale. Est-ce que cela ne vous paraît pas plein de bon sens, ce que je dis ?

ASL : Mais bien sûr, bien entendu, mais je n’ai pas à juger …







Blog Officiel de Martine VA... |
Mouvement Humaniste Algérien |
NOS PORTUGUESES SOCIALISTAS... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le Parti de la France en Li...
| Commission du Développement...
| MoDem Mulhouse