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Vidéo (nouveauté) : Benoît HAMON sur la crise économique

23102008

http://www.dailymotion.com/video/k1I62IkAlk5kBQNX47




VITAMINE C par Benoît HAMON

23102008

http://www.dailymotion.com/video/kDIYt2POGRlKxbOn3P




« Marché(s), société(s), histoire et devenir de l’humanité »

22102008

Les 13 et 14 novembre 2008, salle IV, Palais de l’UNESCO, Paris, se tiendra un colloque international sur le thème « Marché(s), société(s), histoire et devenir de l’humanité », organisé par la Fondation Gabriel PERI, la Fondation Rosa Luxemburg, la revue « La Pensée », sous le haut patronage de l’UNESCO.

PROGRAMME PREVISIONNEL DU COLLOQUE

Jeudi 13 novembre

9h00 :              Accueil des participants

9h15-9h30 :     Allocution d’ouverture, Christina Von Fürstenberg, chef de la section des politiques et coopération internationale en sciences sociales et responsable du Programme MOST de l’UNESCO (France).

Session 1 : Rapports marchands et sociétés dans l’histoire

      La première demi-journée a pour objectif de caractériser les rapports marchands dans l’histoire en analysant dans des contextes et des expériences différentes comment se sont structurés des échanges non-capitalistes mais marchands et monétarisés.

Président de séance : Antoine Casanova, historien, directeur de la revue
La Pensée (France)

9h30-9h45 :     Les formes historiques : propriété / pouvoir / marché, introduction par Antoine Casanova

9h45-10h :       Remarques sur le marché en Grèce et à Rome, Jacques Annequin, historien (France)

10h-10h15 :     Les échanges marchands et monétarisés dans le Proche-Orient ancien, Michèle Casanova, maître de conférences à l’université de Rennes II-UMR 7041 (France)

10h15-10h30 :  Le développement du marché commercial en Chine par l’évolution historique demarché de la rue Hanzhengjie de Wuhan, NIE Yunlin, professeur de                            l’université normale de Chine.

10h30-11h15 :   Discussion

11h15-11h30 :    Pause

11h30-11h45 :   Le marché et l’esclavage sur le continent américain dans la seconde moitié du XIXème siècle, Rémy  Herrera, chercheur au CNRS, directeur de la collection « Forum Social » aux éditions l’Harmattan (France)

11h45-12h00 :    Échanges et discussions sur le marché dans les économies planifiées socialistes, Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’EHESS (France)

12h00-13h :     Discussion

***

13h-14h30 : Déjeuner

***

Session 2 : Marchés et États – Classes et cultures

La problématique de cette deuxième session pourra être éclairée en introduction, par la portée et la signification du rapport entre Marché et État chez Marx et Polanyi, la force des marchés capitalistes et le potentiel d’innovation révolutionnaire du système. La réflexion s’orientera ensuite sur l’analyse du capitalisme contemporain à l’heure de la révolution informationnelle et ses contradictions.

Présidente de séance : Quynh Delaunay, sociologue (France)

14h30-14h45 :   Développement / efficacité / innovation / marché, introduction par Quynh Delaunay

14h45-15h00 : Mondialisation productive, mondialisation financière, problèmes du dollar, Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur à l’université Marne-La-Vallée (France)

15h-15h15 :    Peut-on réformer le capitalisme financiarisé ?, Tony Andréani, politologue (France)

15h15-15h30 :  Rétrospective et perspective du développement du système financier chinois, LAI Hairong, directeur de la revue « Comparaison des systèmes économiques et sociaux » (Chine)

15h30-16h15 : Discussion

16h15-16h30 : Pause

16h30-16h45 :  Flux de main d’œuvre et marchés du travail, Nasser Mansouri-Guilani, économiste, responsable des études économiques à
la CGT, membre du Conseil économique et social (France)

16h45-17h :   Le plein emploi dans les sociétés de marché avancées, Helen Ginsburg, professeur émérite d’économie au Brooklyn College, université de New York (Etats-Unis)

17h-17h15 :     La marchandisation accélérée de l’art et de la culture et l’économie de « l’immatériel », Serge Regourd, professeur de droit public à l’université des sciences sociales de Toulouse (France)

17h15-18h :    Discussion

*

*          *
 

Vendredi 14 novembre

 9h15 – 9h30 :    Hommage à Alberto Martinez, économiste, ancien directeur de
la DIRINCO (Direction des Industries et du Commerce)                                             Chili (1970-1973), maître de conférences à l’Université de Reims, conseiller de
la Direction de l’Institut National des Statistiques du                               Chili, et Volodia Teitelboim, écrivain chilien, prix national de littérature, sénateur 1965-1973, qui nous ont quittés en janvier 2008.

Session 3 : Contrôle, régulation et dépassement des marchés : quelles voies se cherchent ?

Cette dernière journée aura pour ambition de traiter des alternatives, des expériences possibles de régulation des marchés capitalistes et de renouvellement des échanges.

Présidence :       Michaël Brie, directeur du département d’analyse politique, Fondation Rosa Luxemburg (Allemagne)

9h30-9h45 :       Alternatives et luttes pour l’émancipation, la justice et la démocratie, Michaël Brie

9h45-10h :         Vers un nouveau modèle de développement pour le bien-être des peuples ? Manuel Riesco, économiste, vice-président du Centre d’études nationales sur le développement alternatif (CENDA) (Chili)

10h-10h15 :       ALBA, Bancosur, Petrosur : avancées et périls, Luciano Vasapollo, statisticien, professeur à l’université
La Sapienza (Italie)

10h15-10h30     Le cas du Brésil, un représentant de la fondation Perseu Abramo (Brésil)

10h30-11h15 :   Discussion

11h15-11h30 :    Pause

11h30-11h45 :   L’expérience chinoise de contrôle et de supervision des marchés, Cheng Enfu, président de l’Académie du marxisme, Académie chinoise des sciences sociales (Chine)

11h45-12h00 :      Le cas de l’Inde  (en attente)

12h-13h :           Discussion

***

13h-14h30 : Déjeuner

***

Présidence :         Patrick Ribau, géographe, laboratoire SEDET – GREMAMO, Université Paris 7, rédacteur en chef de La Pensée (France)

14h30-14h45 :     La social-démocratie suédoise, entre libéralisme importé et socialisme de marché : mérites et limites, Johan Magnus Ryner, professeur de relations internationales, Université d’Oxford Brookes (Grande Bretagne)

14h45-15h :         Marché, dépassement du marché et rapports sociaux et de genre : l’apport du féminisme, Mario Candeias, politologue, bureau « critique du capitalisme et analyses sociales », fondation Rosa Luxemburg, institut de la théorie critique de Berlin (Allemagne)

15h-15h15 :         Quelles potentialités des forces productives humaines au XXIème siècle ?, Pierre Musso, philosophe, professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes II, et chercheur associé au Centre de recherches et d’études sur la décision administrative et politique (CRÉDAP, université de Paris I) (France)

15h15-16h30 :     Discussion

16h30-16h45 :      Pause

16h45-17h :         Clôture, L’après-marché ?, Maurice Decaillot, économiste (France).


   



INSCRIPTION DES PARTICIPANTS ET SERVICE D’ACCUEIL

Pour participer, prière de vous inscrire avant le 10 novembre 2008, en laissant vos nom et prénom, par mail à l’adresse suivante colloquemarche2008@gabrielperi.fr (inscription gratuite).

En raison des mesures de sécurité en vigueur à l’UNESCO, tous les participants devront passer par le service de sécurité à l’entrée présenter leur pièce d’identité et après identification seront autorisés à se rendre en
la Salle IV.

Au moment de leur inscription, les participants recevront un badge à leur nom. Ils sont invités à le porter pendant toute la durée du colloque.

Siège de l’UNESCO (Salle IV – bâtiment Fontenoy)
Entrée : 7, place de Fontenoy  – Paris 7
Métro : Ségur ou Cambronne
Plan d’accès
Un restaurant et deux cafétérias se trouvent dans l’enceinte du Siège de l’UNESCO. Plusieurs restaurants et bistros sont à proximité. Les repas sont à la charge des participants.




Les p’tits coups du F.M.I.

21102008

DSK...petit coquin !

Au F.M.I.,  c’est la crise, et elle est grave. Alors que la planète traverse une tempête financière, économique, sociale…l’instance en charge « de promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté », le Fond monétaire international (F.M.I.)  n’a d’ yeux que pour son Président et ses petites aventures extra-conjugales. 

DSK à la sauce Clinton ! 

Et oui, DSK a trompé Anne Sinclair. J’entends déjà la « ménagère de moins de 50 ans pousser des hurlements : « mon dieu, mais comment cela est-ce possible ? »… Et avec une de ses subordonnées qui plus est (« Quel salop, mais pour qui il se prend ce DSK, Anne Sinclair, tu te rends comptes ? » (cf. toujours la même ménagère !))…

Et voilà que le vilain petit coquin de  DSK a été obligé de  présenter des excuses publiques le lundi 20 octobre. Il y reconnaît une « erreur de jugement »… et après ?

La nécessaire indifférence ! 

Pour une fois, nous ne pouvons qu’adopter la même position que l’ensemble de la classe politique française : cette affaire ne nous concerne pas. Elle est affligeante pour la démocratie et dénotent une pratique qui tourne plus au viole de la vie privée des personnes publiques qu’à la recherche d’une transparence inutile dans ces domaines ! 

Ainsi, malgré cette dérive « Sarkozy » qui joue de sa vie privée pour cacher les méandres et les difficultés de sa vie publique, nous rappelons que toute personne a droit au strict  respect de sa vie privée. Mis à part pour les personnes concernées (ici principalement Anne Sinclair) ces affaires de coucherie n’intéressent personne (ou plutôt ne devrait intéresser personne !). Dans le cas contraire, il faudrait publier à la une de nos journaux toutes les coucheries des maris et femmes infidèles de France et de Navarre. Ainsi, à la une de libé :  tel banquier couche avec sa secrétaire dans la salle des coffres de son établissement, telle avocate trompe son mari avec un gardien de prison dans la souricière du Palais de Justice, tel boulanger bourre les miches de la voisine de sa femme le matin de 5h00 à 6h00 ./… 

Finalement, le fait que son garagiste trompe sa femme avec une cliente a autant d’intérêt pour nous que de savoir qu’Anne Sinclair est cocue ! Ainsi, toute la classe politique française (à la légère exception de la Ségolène Royal qui devrait mieux s’occuper d’elle avant de jouer la grande moraliste !) défend « notre » D.S.K national, de manière plus ou moins habile d’ailleurs.

Accordons à la Ministre de l’Économie la sortie la plus maladroite : « DSK conservera tout son talent, toute son aura, toute sa réputation parce qu’il est tout simplement indispensable qu’à la tête du FMI on ait quelqu’un de fort et de solide, et de reconnu comme il l’est ». De quel talent parle-t-elle ? Nous ignorions que tromper sa femme provoquait une perte de talent en « économie » !  

Pour conclure, soutenons DSK au FMI…Tout véritable socialiste admettra que cette personne est bien plus utile dans cette instance internationale qu’il ne le serait au Parti Socialiste…tant soit peu que nous souhaitons que ce parti redevienne un parti de … gauche !

DSK...petit coquin !




C’est l’histoire d’un parti…

16102008

C’est l’histoire d’un parti qui a pris son envole en 1971 lors du congrès d’Epinay, mais dont les origines remontent à la première moitié du XIXe siècle.  Déjà, ses premiers théoriciens tels Saint Simon, Fourier, Cabet ou encore Leroux, issus de la bourgeoisie, étaient perçus comme des utopistes, de doux rêveurs incapables de s’entendre sur le fond du combat à mener. Lors de la révolution de  1848 apparaissent déjà les divergences entre les réformistes (Louis Blanc…) et les révolutionnaires (Blanqui, Barbes …) qui prônent la violence pour changer radicalement le système social et économique !

Bourgeois et divisé dés l’origine, le socialisme a traversé les siècles tantôt unifié autour d’un leader (avec la SFIO en 1905 autour de Jean Jaurès, le PS en 1971 avec François Mitterrand …), tantôt divisé voire morcelé en plusieurs mouvements.

Quid du congrès de Reims ?

Depuis la disparition de François Mitterrand, les différents courants qui composent le parti tentent d’en prendre la direction, souvent au détriment des idées et du parti lui-même.

Il manque au Parti socialiste un véritable leader, à savoir une personne capable de capter l’attention de l’entourage, de communiquer l’essentiel de la situation, d’avoir une capacité d’écoute et de perception importante, une capacité de responsabilisation et de prise de décision et qui joue un rôle de médiateur dans la résolution des conflits interne au groupe. Autrement dit, le leader est reconnu et accepté, il a une influence directe et indirecte sur ses troupes, et sait s’adapter à son groupe. Or, à l’heure actuelle, aucune des personnalités déclarées ne possède l’ensemble de ses qualités !

Royal est contestée et a bien du mal à accepter et à intégrer les rouages du Parti, Delanoë représente une aile droite du parti qui est contestée sur le fond par bien des militants qui refusent la dérive libérale du parti… Si les militants veulent trancher la question du leadership du parti au congrès de Reims, alors ils prépareront la prochaine défaite aux élections présidentielles à venir !

Reste le principal, les idées ! Cinq motions avec deux approches bien différentes qu’il sera bien difficile à concilier.

En effet, impossible sur le fond d’associer  les libéraux (Royal [centre droit], Delanoë [libéral]) aux motions plus ou moins « socialistes » (Aubry [centre gauche], Hamon [gauche véritable], Pupunat (Utopia)[écologie])… Être de gauche, écologiste, du centre et libéral à la fois, c’est bien trop compliqué pour un seul et même parti politique !

Le PS est donc aux confins des chemins. Soit il accepte sa dérive droitière et laisse la place libre au Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot, soit il retrouve ses fondamentaux socialistes et laisse ouvert le centre/centre gauche au Modem !

Ainsi, le congrès de Reims est crucial pour l’avenir du Parti. Espérons que ses militants optent pour la meilleur des solutions qui consiste à rendre ses valeurs au parti tout en refusant de trancher sur la question du candidat à la présidentielle 2012.

Reims peut être le congrès du renouveau des idéaux socialistes, mais il peut également sonner le glas d’un parti vidé de l’idéologie dont il est issu. Est-ce la volonté des militants que de saborder leur parti en suivant une fois de plus (de trop) les sondages ? Abdiquer ses valeurs, se « Kouchneriser » en pensant à une élection encore lointaine, voilà ce qui serait le pire pour le PS. En votant  pour la motion C « Un monde d’avance », les militants redonneraient un contenu socialiste au parti, ce qui, vous l’avouerez, est là un minimum.

C’est l’histoire d’un parti…




Affaire MELANCHON/SYLVESTRE : Journaliste ? Vous avez dit journaliste ?

15102008

melanchon.jpgA l’heure où ces quelques lignes sont rédigées, 21855 personnes ont lu l’article « Mélanchon : « Il faut virer Jean-Marc Sylvestre de TF1 » sur le site http://www. jeanmarcmorandini.tele7.fr. 21855 personnes qui pensent que M. Mélanchon est un stalinien qui souhaite faire virer celles et ceux qui ne partagent pas ses idées…et pourtant, le sénateur socialiste n’a jamais tenu ces propos (ci-dessous la retranscription de l’interview accordé sur Canal + à Anne Sophie Lapix).

Cette histoire n’est « pas bien grave » en soit…Depuis, messieurs Mélanchon et Sylvestre ont pu s’en expliquer sur LCI (le lundi  13octobre). Pour autant, elle est révélatrice de ce qu’est devenu le métier de journaliste et la qualité des informations que ces derniers nous jettent en pâture à longueur de journée.

Revenons aux fondamentaux.

Qu’est-ce qu’un journaliste ? Le journaliste est une personne en charge de recueillir des informations, de les vérifier puis de les rendre public par le biais du média qui l’emploie. Au-delà de la simple brève descriptive qui n’apporte rien au lecteur, le journaliste doit décoder l’information en fonction de sa grille d’analyse propre. L’information n’a pas nature à être objective (qu’est-ce que l’objectivité ?) mais elle doit expliquer un événement, un fait particulier aux lecteurs/auditeurs/téléspectateurs/surfeurs ./… Pour autant, ce travail forcément subjectif doit respecter la véracité du fait/événement./…

Voilà, pour l’ancien journaliste que je suis, la définition, en quelques mots, du noble métier de journaliste.

Qu’en est-il donc ? L’information est devenue une marchandise comme une autre. Elle n’a pour unique utilité de faire vendre du média. Le journaliste est bien souvent devenu « l’hôtesse de vente » de son média. Est-il malhonnête ? Oui, parfois…Mais s’il est responsable, il n’est pas coupable.

La presse écrite est en perpétuelle crise, l’audiovisuel (j’y inclus le Web) est en recherche d’audience pour vendre de la publicité (toujours plus et plus cher…). Le journaliste n’a plus la pression de la « qualité de son écrit » mais de sa rentabilité. Il faut vendre, attirer les consommateurs, quitte à faire tenir des propos à des personnes qui ne les ont jamais tenus, quitte à aller voler des photos de quelques vedettes à la dérive, quitte à rechercher le scoop en direct (comme annoncer la mort d’une personne avant qu’elle ne survienne) !

Autre contrainte d’un secteur sinistré en terme d’emploi, celui des propriétaires des médias et des annonceurs.  Dans quelle mesure un journaliste du groupe TF1 peut critiquer Bouygues (ou réaliser un reportage sur la dangerosité des antennes relai des portables ?) ? Quel journaliste osera critiquer l’activité de Lagardère alors que ce dernier est son patron ? Comment un journaliste pourra émettre des critiques sur les qualités du produit d’une marque qui finance son média par son budget publicitaire ? [Je vous conseille la lecture de l’article suivant « Pour une déontologie marchande du journalisme » site Acrimed, http://www.acrimed.org/article1150.html ].

La désinformation et la pensée inique (terme que je préfère à celui d’unique) ne sont que les conséquences de la perversion d’un système médiatique qui a été abandonné au marché.

Evidemment, il demeure quelques rares exemples de presses libres…Mais ce ne sont, au final, que les exceptions qui ne changent pas la règle, une sorte de légitimation artificielle du paysage médiatique français.

 Et voilà ! 21855…Vous ne serez jamais autant à lire cet article…et donc nombreux seront celles et ceux qui n’auront pas accès à la vérité. Jean-Luc Mélanchon n’a jamais voulu virer Sylvestre (moi oui, mais j’ai des restes de stalinisme (un peu d’humour…voyons !) !  A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent !

Retranscription de l’interview de J-L Mélanchon sur Canal Plus. (source : site de Jean-Luc Mélanchon : http://www.jean-luc-melenchon.fr)

Anne Sophie Lapix : L’actualité de la semaine ce sont les bourses qui s’effondrent et la crise du système financier. Est-ce que vous buvez du petit lait ?JLM : Non. Mais je devrais car ce n’est pas faute d’avoir annoncé tout ça, on parlait à l’instant d’ATTAC, des altermondialistes de manière générale, des forums sociaux, combien de réunions avons-nous fait, combien de livres avons-nous écrit pour annoncer que ça allait mal finir et que cette économie de casino s’effondrerait. Mais maintenant, je suis comme beaucoup de gens qui ont lu les livres et qui connaissent leur histoire ; tout ce ci est dramatique, parce que tout le monde va être mis sous tension, la crise va passer de la finance à l’économie, de l’économie au social, du social à la politique et à l’international.

ASL : Et vous avez la solution vous, le nouveau modèle économique qui sauvera le monde ?

JLM : Vous pensiez que je l’exposerai là en quelques mots bien sûr … Non évidemment …

ASL : Vous avez peut-être une petite idée ?

JLM : Oui bien sûr. Je sais une chose. Il faut de toute façon, vaille que vaille, dans le moyen terme faire deux ruptures. L’une avec le modèle capitaliste d’accumulation sans fin, l’addition des intérêts particuliers sans intérêt général. L’autre rupture c’est avec le modèle productiviste, c’est-à-dire qu’on produit n’importe quoi, n’importe comment et on bousille la planète. Je mets en garde : les mêmes voyous qui ont pillé leur pays et ceux des autres sont en train de piller la planète, ce sont les mêmes.

ASL : On sait ce que vous refusez mais qu’est-ce que vous proposez ?

JLM : Il faudrait déjà se mettre dans la tête qu’il va bien falloir arrêter ce cirque. Car si vous les sauvez ils vont recommencer le lendemain.

ASL : Il faut les laisser mourir donc ?

JLM : Non il faut les punir et les chasser. A l’heure qu’il est il y a toutes sortes de grandes réunions mais dans les banques qui ont été nationalisées, ce sont les mêmes qui continuent à spéculer, parce que quand on vous dit les marchés ceci, les marchés cela, les marchés paniquent, mais c’est à cause des mêmes que ceux qui prenaient les décisions auparavant, ce n’est ni vous ni moi qui avons été faire la queue à la banque pour récupérer nos dépôts et heureusement, nous on fait de preuve de sens des responsabilités, pas eux.

ASL : Donc on les punit ?

JLM : On punit, vous comprenez l’expression, ça signifie qu’il faut savoir tourner la page et ne plus leur faire confiance. Ecoutez, ne faites pas confiance aux gens qui vous ont cassé les bras et les jambes pour venir vous les soigner. Donc cela veut dire qu’il y a tout un personnel médiatique, politique, économique qu’il faut pousser vers la sortie.

ASL : Y compris médiatique ?

JLM : Bien sûr, vous voulez un nom ?

ASL : Oui, allez-y ?

JLM : Votre collègue Jean-Marc Sylvestre qui nous fait le catéchisme libéral depuis bientôt 10 ans sur TF1, matin, midi et soir, en expliquant qu’il faut acheter des actions, qu’il faut faire des fonds par capitalisation

ASL : Il ne fait qu’analyser la situation, c’est un analyste !

JLM : Non pas du tout, il n’analyse rien du tout. Il fait de la propagande matin, midi et soir.

Alors vous m’avez posé une question concrète. Là je vous ai dit ce qu’il faudra faire à moyen terme. Mais il y a l’immédiat. Il faut mettre un pare feu entre la crise et l’économie réelle, l’économie productive. Il faut protéger l’outil de production et les travailleurs eux-mêmes. Parce que c’est ça qui va remettre le pays en route. D’abord la catastrophe va s’accentuer, les toits vont s’en aller. Mais c’est de là que ça va repartir. Alors il y a deux choses à faire : protéger l’activité. C’est-à-dire que M. Sarkozy plutôt que faire des phrases comme il le fait, ferait bien de traduire ça dans les faits : il ne faut pas supprimer les postes dans la fonction publique …

ASL : Vous avez parlé de bouclier social, je crois ?

JLM : Voila …

ASL : En quoi cela peut consister ?

JLM : Le bouclier social cela veut dire qu’on arrête de supprimer des postes dans la fonction publique, qu’on arrête de privatiser les grands services publics comme La Poste …

ASL : Donc on arrête tout alors, on arrête la politique de Nicolas Sarkozy ?

JLM : On arrête la politique libérale, bien sûr, mais ce n’est pas que ça. Il y a aussi les salaires, qui va relancer l’économie ? Tout le monde peut comprendre ça. L’économie ce n’est pas vos banquiers qui vont la relancer, c’est vous par votre travail productif. Donc il faut protéger les producteurs et protéger l’outil de production. Et donc tourner la page de la politique libérale. Est-ce que cela ne vous paraît pas plein de bon sens, ce que je dis ?

ASL : Mais bien sûr, bien entendu, mais je n’ai pas à juger …




Une crise pour rien ?

14102008

Dans la nuit de lundi à mardi (du 13 au 14 octobre 2008), la bourse de New York a repris 11.08 % (soit une hausse inédite de 900 points en une séance !) alors que celle de Tokyo clôturait en hausse de 13.30 % !  

 Dans la journée, les bourses européennes reprenaient elles aussi de la vigueur avec une hausse moyenne de 10 % ! 

La raison de cette rapide reprise boursière s’explique par les différentes mesures prises par les Etats, tant au niveau national que supranational (G7, U.E. ./…). Ainsi, les pays européens ont engagé un plan « a minima » estimé à 1700 milliards d’euros alors que les Etats-Unis d’Amérique ont déjà annonçaient un plan à plus de 700 milliards de dollars. 

La volonté des Etats à intervenir directement dans l’économie pour éviter les faillites des banques et autres assurances a permis d’entrevoir une sortie de crise « rapide » sans pour autant annihiler les causes structurelles qui l’ont engendrées. 

C’est donc vers une sortie de crise « vers le bas » que nous nous dirigeons…Cette crise, qui aurait pu permettre aux « grands de ce monde » de « repenser le capitalisme » risque donc d’avoir servi à rien…si ce n’est à redorer un tant soit peu le blason des états. 

Malheureusement, par déterminisme historique nous savons que toute cause produira toujours les mêmes effets…Cette crise risque donc ainsi de se reproduire de manière cyclique si nos grands dirigeants n’adoptent pas, au niveau global, des mesures radicales de protection et de régulation des marchés. 

Retour en grâce de l’Etat providence ! 

Les derniers évènements tendent à démontrer que l’Etat ne peut être considéré comme un acteur neutre de l’économie, tant bien même cette dernière est globalisée. Une des leçons à retenir de cette crise est que l’Etat a bel et bien des moyens d’action directs sur l’économie, alors même qu’il état devenu « évident » pour le plus grand nombre que le politique était dirigé par l’économique. 

Pour autant, et pour que leurs actions soient encore plus efficaces, il est souhaitable que les Etats reprennent la main sur les instruments économiques que sont les grandes banques et les groupes d’assurance. La politique financière ne peut être abandonnée aux intérêts privés…L’Etat banquier est le seul à même à garantir la pérennité du système. 

Autre enseignement de la crise, la Banque Centrale Européenne manque de réactivité dans la crise. Alors que nombre d’Etats européens auraient baissé le coût de l’usure de l’argent (taux d’intérêt), il aura fallu attendre bien trop longtemps avant que la B.C.E. n’intervienne timidement en baissant ses taux de 0.5 % ! 

Sans revenir à la maîtrise totale des monnaies par les instances nationales, il revient aux « spécialistes » de penser un nouveau mode de fonctionnement et de direction pour la B.C.E.. Cette dernière devrait être placée sous la direction du politique tout en conservant une certaine autonomie. Autonomie mais plus indépendance puisque la monnaie est un des instruments importants pour réguler l’économie et agir en temps de crise. 

Repenser le capitalisme ! 

Le Président Sarkozy en personne l’a annoncé…il convient de repenser le capitalisme. Certes, de sa part, il ne s’agit ici que de simples paroles qui resteront sans doute sans lendemain…Pourtant, il serait pour le moins souhaitable de procéder à une refonte totale de notre système totalement perverti. 

Le capitalisme financier et boursier qui a remplacé le capitalisme économique est à bannir. La recherche effrénée de toujours plus de rentabilité, pour le seul bénéfice des actionnaires boursiers est un système pervers qui conduit les nations et les ses citoyens à toujours plus de précarité. 

Il convient de revenir aux fondamentaux du capitalisme et trouver des modes de financement plus sains que ne peuvent l’être les marchés boursiers. 

Retrouver l’équilibre ! 

Jusqu’en 1989 et la chute du monde communiste, les grands acteurs capitalistes se devaient d’équilibrer le système du fait de la menace que représentait le système communiste. Cette menace disparue, plus question d’équilibre…Le capitalisme inhumain, sans visage a pu prospérer sans contrainte. 

Ainsi, il est primordial pour la sauvegarde de nos sociétés qu’un nouveau système à opposer au capitalisme soit réinventé. Il ne s’agit pas d’être basiquement « anticapitaliste », mais de proposer un nouveau modèle de société aux citoyens. 

C’est ce que n’ont pas compris les « socio-démonctrates » du Parti Socialiste. Eux, pour des raisons électoralistes et par « facilité », préfèrent une simple régulation limitée du système. Ceci est totalement impossible à réaliser puisque sans « menace » au système, aucune régulation n’est possible. 




La crise et le boumerang

13102008

La crise du capitalisme que nous vivons aujourd’hui met en lumière les dérives d’un système économique déserté par le politique, complètement livré à la logique financière et au règne de la rentabilité à court terme. Ses conséquences immédiates sont dures pour les plus faibles et lourdes d’incertitudes pour l’avenir. Cette crise économique et financière est, dans l’Union Européenne, aggravée par le dogmatisme libéral des autorités européennes, le refus de permettre une relance budgétaire, de remettre réellement et concrètement l’Europe en marche. Dans notre pays, la crise est accentuée par la politique menée par Nicolas Sarkozy qui continue à affaiblir la fonction publique en libéralisant (La Poste, l’hôpital…), en supprimant des emplois, en retirant des moyens d’intervention à la puissance publique au moment où nous n’en avons jamais autant eu besoin.

Alors qu’on ne trouve plus un libéral n’en appelant pas à l’argent publique pour renflouer des établissements financiers qui nous ont menés au désastre, il faudrait que cet argent soit confiné au rôle de garant des risques. Bref, un Etat minimal, sorte d’ « assurance tout risque » pour ceux qui jouent sur des marchés déréglés, à l’affut de la rentabilité la plus forte à plus court terme. La logique de l’argent facile prédomine, on ne raisonne plus en investissement, en ambition, en long, ni même en moyen terme. Au moment où ce système explose, et alors qu’au sein du Parti Socialiste la question des alliances contre-natures est posée, la lecture du livre de l’économiste et vice-président du Modem, Jean Peyrelevade, Sarkozy : l’erreur historique , est très éclairante.

Dans une approche manichéenne, l’auteur oppose politique de l’offre (soutenir la compétitivité des entreprises) et politique de la demande (soutenir la consommation des ménages). Les deux ne sont pas forcément contradictoires, à condition de ne pas asséner d’un ton péremptoire que les salaires réels ont augmenté de 13% depuis 7 ans et que « dans la répartition de la richesse nationale, les ménages ont reçu leur dû et même un peu mieux. » [1]. A condition de ne pas réduire la question de la compétitivité des entreprises à celle de coûts salariaux prétendument trop élevés. A condition enfin, de ne pas faire tout peser sur les ménages, la responsabilité de la compétitivité des entreprises, l’ensemble du coût de la protection sociale [2] et du coût de la fiscalité écologique [3].

On nous sert la rengaine simpliste « avant de distribuer, il faut produire ». La redistribution ? Ça revient à « déshabiller Pierre pour habiller Paul » [4], la lutte contre la hausse des prix ? Réponse « « La moins mauvaise solution est que les consommateurs supportent la hausse des prix (par diminution de leur taux d’épargne ou par modification de leur structure de dépenses) sans rien demander en contrepartie. » [5] Cette analyse libérale partisane conduit logiquement son auteur à affirmer « L’objectif central est de déplacer de quelques points, 3 ou 4, en faveur des entreprises et donc au détriment provisoire des ménages, le partage de la valeur ajoutée. » [6]

Alors que depuis 20 ans, le partage de la richesse s’est effectué au détriment des salariés et au bénéfice des seuls revenus du capital, il est plus que temps de s’engager sur un chemin opposé à celui préconisé par M.Peyrelevade. Nous souhaitons au contraire rééquilibrer ce partage au profit des salariés.

Enfin, l’économiste du Modem harangue ainsi les responsables politique « Abstenez-vous chaque fois que c’est possible. Ne croyez pas que vos interventions directes sur les fonctionnements des marchés et les mécanismes d’entreprises aient quelque influence positive : vous agissez en aveugles. » [7] Evidemment, cette injonction prend un sens particulier dans le contexte actuel…N’est-ce pas plutôt la main invisible du marché, le laisser-faire généralisé, la dérégulation totale qui nous ont mené dans le mur ?

La crise du capitalisme ne vient pas du trop d’Etat, du trop de régulation, du trop d’intervention. Cela semble, pour certains, difficile à reconnaître, tant cela invalide leur certitude. Il en va avec Jean Peyrelevade, comme avec Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC qui continue à ne jurer que par le libre-échange sans restriction : La réalité a souvent un effet boumerang.

Delphine Mayrargue

 

[1] p.35

[2] « C’est aux bénéficiaires et à eux seuls de payer par leurs impôts et leurs cotisations les prestations qu’ils reçoivent. Les personnes physiques, les ménages, sont les seuls concernés, les seuls à être malades ou à prendre leur retraite. Que vient faire ici l’entreprise qui ne connaît pour elle-même ni droit à pension, ni droit à assurance retraite ? » P.103

[3] « (…) une fiscalité écologique et /ou d’un marché des permis carbone » « A condition, une fois de plus, que les ménages, non les entreprises [le] supportent. » p.191

[4] P. 39

[5] p.47

[6] p.169

[7] p. 97




Un monde d’avance !

13102008

Le sens de notre motion

Le monde change : le néo-libéralisme montre son vrai visage avec quatre crises majeures – financière, énergétique, alimentaire et environnementale – dont la simultanéité met en évidence les dangers et les limites de la « mondialisation libérale ». En moins d’une semaine, le capitalisme financier, arrimé sur la dérégulation, la privatisation à outrance, le tout marché et le libre-échange sans limites, a vu voler en éclat la suprématie que lui conférait son caractère prétendument « incontournable ». Seul le recours massif à l’action publique a permis de surseoir provisoirement au chaos créé par la spéculation et la subordination de l’intérêt général aux intérêts particuliers.

Face à cette métamorphose, la France ne va pas mieux que ses voisins. Elle va même beaucoup plus mal. A la crise sévère de nos finances publiques, s’ajoutent le retour de l’inflation et la chute brutale de la croissance qui nous placent en situation de récession. Le contexte international n’est pas étranger à la détérioration de la situation. Mais, en France, la droite en porte la responsabilité principale. La prétendue « rupture » prônée par Nicolas Sarkozy, se résume en réalité à un alignement sur le néo-conservatisme américain, au moment où celui-ci échoue. Elle ne se cantonne pas au domaine économique et social, mais atteint tous les domaines.

Il faut se rendre à l’évidence : l’opposition, c’est à dire pour l’essentiel notre parti, porte sa part de responsabilité dans ce scénario médiocre. Alors que nous n’avons jamais disposé d’autant d’atouts (trois groupes parlementaires puissants, la majorité des départements, des régions et des municipalités, grandes et moyennes), notre parti n’a pas la faveur des Françaises et des Français qui jugent son action timorée et son projet illisible.

Ni l’absence de leader avéré, ni notre diversité interne, ne nous permettent de comprendre cette situation. Le mal est plus profond. La social-démocratie européenne a subi 13 défaites sur les 15 derniers scrutins. Est-ce, dans chacun de ces treize partis, faute de leaders ou de discipline ? Ou bien est-ce le résultat de l’acceptation, par la social-démocratie, des principes néolibéraux, des valeurs de nos adversaires ? Cette seconde hypothèse paraît tout de même plus vraisemblable ! Nous avons perdu, dans les dernières décennies, la bataille culturelle, c’est à dire la bataille politique au niveau le plus profond. Il est temps d’inverser la tendance. L’avenir du PS ne peut être le passé de la social-démocratie européenne. Nous n’avons pas gagné d’élection présidentielle depuis 20 ans, ni d’élections législatives depuis 11 ans. Et rien n’indique que nous serions en mesure de l’emporter aujourd’hui, malgré les cafouillages et les échecs de la droite au pouvoir.

Ce qui est essentiel pour un parti politique, ce qui entraîne l’adhésion ou motive la critique, c’est son orientation politique : les valeurs qu’il défend et les moyens qu’il préconise pour les mettre en œuvre. Le PS n’est pas à court d’idées. Ses valeurs sont, plus que jamais, d’actualité. Mais notre visibilité est brouillée par les concessions incessantes à une pensée qui n’est pas la nôtre. Nous avons gagné les élections chaque fois que nous avons eu un temps d’avance. Un temps d’avance sur l’adversaire, un temps d’avance dans la compréhension du monde, un temps d’avance sur les métamorphoses de la société. Aujourd’hui nous devons avoir un monde d’avance. A nous de reconstruire l’espoir à gauche.

Notre motion propose un horizon et des solutions concrètes pour s’opposer, proposer et rassembler.

S’opposer

Nous devons nous opposer sans donner le sentiment d’avoir toujours besoin de nous justifier de notre rejet radical de la politique impulsée par la majorité actuelle. Car la politique de Nicolas Sarkozy est à la fois réactionnaire et anachronique.

Réactionnaire. Sa politique est faite d’orientations qui imposent à notre pays une régression de plus d’un demi-siècle. Régression sociale, régression des libertés, régression de la place de la France dans le monde. Régression généralisée qui a l’audace d’appeler « modernité » ce qui n’est qu’un vaste retour en arrière. En un an, la liste est déjà longue : paquet fiscal, baisse du pouvoir d’achat des plus démunis, mise à mort des 35 heures, financement injuste du RSA, privatisation annoncée de la Poste, appauvrissement des retraités, démantèlement du Code du Travail, creusement des inégalités entre les territoires, régressions imposées au système éducatif, valeurs républicaines mises à mal, libertés menacées…

Anachronique. Le projet de Nicolas Sarkozy est bien d’imposer à la France le modèle dépassé que les conservateurs ont élaboré dans les années 1980 et qui combine une politique économique ultra-libérale avec une restriction des libertés publiques. La politique menée par Nicolas Sarkozy repose ainsi, en grande partie, sur une volonté d’appliquer de façon dogmatique un système qui est en pleine déroute.

Nous devons affirmer avec force un autre projet de société. Mais pour cela, il faut dire clairement que le vieux système libéral en bout de course. Nous devons nous opposer pour proposer un nouvel élan à la France, avec nos partenaires de la gauche, en dialoguant avec les mouvements sociaux et les mobilisations citoyennes. Or, ce devoir d’opposition, nous ne l’avons pas rempli comme nous aurions dû le faire. Cette situation s’explique en partie par notre propension à concentrer notre attention sur nos problèmes internes, le choc des ego de certains de nos responsables. Mais plus fondamentalement, nous devons chercher les raisons de ce déficit d’opposition, dans notre trop grande acceptation du modèle dominant. Nous restons insuffisamment audibles. 67% des Français estiment que le Parti socialiste n’est pas porteur d’un projet pour la France. C’est avec cela que le congrès de Reims doit rompre. Il doit rendre au Parti Socialiste la voix d’une opposition résolue à une droite réactionnaire, anachronique, libérale et atlantiste.

Proposer

Notre motion propose de clarifier notre ligne politique, en disant clairement ce que nous voulons, mais aussi ce que nous refusons. Sur les 9 points suivants.

Sortir du libre échange généralisé : plutôt que l’adaptation, la régulation

Le libre échange est devenu un dogme dangereux. Hier encore tabou, le débat sur le libre échange évolue, y compris aux Etats-Unis. Il faut un rééquilibrage entre le marché et la puissance publique. Nous proposons de promouvoir la préférence communautaire pour lutter contre les délocalisations et assurer la cohésion européenne. Et pour cela : activer le tarif extérieur commun, baisser les taux européens, harmoniser les normes sociales et fiscales…

Répondre à l’urgence écologique : plutôt que des mesures de court terme, un véritable investissement public

L’urgence écologique s’impose à nous. Le marché est incapable de préparer l’avenir. Il nous faut inventer des nouvelles formes de régulation et des efforts accrus de recherche publique. Le défi écologique légitime l’exigence de l’extension du champ du service public, par exemple pour la gestion de l’eau.

Pour lutter contre les inégalités, redistribuer les richesses

Il faut ici clarifier les moyens mobilisés, et notamment :

- Le salaire plutôt que ses avatars : si nous pensons que la valeur du travail (et non la « valeur travail ») est le salaire, alors c’est ce dernier qui doit être augmenté en priorité, et les outils existent.
- Les retraites : nous proposons de nouveaux financements plutôt que la contribution croissante des salariés.
- Le logement : nous proposons l’encadrement des loyers, la réquisition des logements vides et un plan de relance exceptionnel de construction.
- La fiscalité : plutôt que la critique de l’impôt, le PS doit avoir le souci de renforcer la justice fiscale. Une réforme fiscale progressiste doit rendre l’impôt plus juste, tout en améliorant son rendement. Nous proposons de créer un grand impôt progressif sur le revenu et une CSG entreprise sur la valeur ajoutée, de limiter les impôts indirects avec notamment la baisse de la TVA, de réformer en profondeur la fiscalité locale.

Affirmer le retour de la puissance publique

Nos propositions visent à reconstituer les marges de manœuvre de la puissance publique, soutenir l’investissement et relancer le débat sur la stratégie industrielle de la France. Il faut réhabiliter l’intervention publique et proposer la réappropriation publique de secteurs clé, avec un pôle public de l’énergie. Il nous faut imaginer de nouvelles socialisations et développer les services publics, retrouver le droit de fixer certains prix, pour contrecarrer les spéculations, veiller au rôle régulateur de l’Etat sur le marché du travail.

Changer le cours de la construction européenne

Socialistes, nous sommes profondément européens. Aujourd’hui, les peuples se détournent de l’Europe, devenue synonyme de technocratie aveugle au service du seul libéralisme. Les « non » français et hollandais en 2005, le « non » irlandais aujourd’hui, témoignent de cette défiance croissante. Il est inacceptable que la voix des peuples soit ignorée.

Nous faisons des propositions pour une autre politique monétaire (revenir sur l’indépendance de la BCE et sur ses statuts), budgétaire (réviser le pacte de stabilité, dégager des recettes au niveau européen, créer un impôt européen sur les sociétés affecté au budget communautaire), industrielle et d’innovation ambitieuse, ainsi que pour la protection des services publics et l’harmonisation sociale et fiscale. Pour changer l’Europe, il faut enfin une gauche forte et volontariste.

La reconquête de la démocratie : plutôt qu’accepter la personnalisation, approfondir toutes les voies de la démocratie.

L’approfondissement de la démocratie dans tous les domaines reste notre priorité. Nous voulons :

- Approfondir la démocratie politique, vers une 6ème république
- Donner un second souffle à la démocratie sociale 
- Assurer le pluralisme médiatique 

Une société de progression des droits et libertés 

- Défendre les libertés fondamentales face à l’offensive sécuritaire : nous défendons une société de prévention et de justice plutôt qu’une société d’ordre.
- Pour une nouvelle politique de gauche de l’immigration : l’immigration est une richesse plutôt qu’une contrainte.
- Pour une politique de gauche de lutte contre toutes les discriminations : c’est un combat pour l’égalité plutôt qu’une valorisation individuelle.
- L’égalité hommes-femmes : plutôt qu’une bataille passée, c’est un combat à mener dans la sphère sociale, économique et politique.

Une société d’émancipation plutôt qu’une société d’ordre

Parti de conquête de libertés et de droits nouveaux, le PS est aujourd’hui sur la défensive, pris au piège du discours sarkozyste fondé sur l’émotion, la peur, la compétition entre les individus. Nous proposons de renouer avec un projet d’émancipation, avec un nouveau pacte éducatif national, un projet pour la jeunesse, un nouveau projet culturel, et la défense de la laïcité, plus que jamais.

Une politique étrangère progressiste plutôt que l’acceptation du choc des civilisations

L’idée selon laquelle la politique étrangère dépasse les clivages partisans est fausse. Nous croyons qu’il est possible de jeter les bases d’une politique étrangère progressiste, contribuant au renforcement des principes de responsabilité, de liberté et de solidarité au niveau international, autour des orientations suivantes : le multilatéralisme plutôt que le « choc des civilisations », le combat pour la Mondialisation des Droits, le changement des organisations internationales, une autre politique de développement et de coopération.

Rassembler

Un préalable : le refus de l’alliance au centre : Le congrès de Reims sera utile s’il permet de clarifier les orientations stratégiques de notre Parti. Les ambiguïtés sont en effet loin d’être levées. Surtout lorsque certains théorisent une différence entre le niveau local, qui admettrait des alliances avec le MODEM, et le niveau national où il deviendrait infréquentable, et que d’autres plaident pour un rapprochement pur et simple. Nos divergences avec le parti de François Bayrou sont nombreuses et importantes. Nous revendiquons une stratégie claire de refus d’alliance avec le centre.

Une stratégie : l’unité de la gauche, un horizon, le grand parti de la gauche : La Gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée (1936, 1981, 1997). La réunification de toutes les composantes de la Gauche politique et sociale est un horizon crédible. Nous n’avons pas d’ennemis à gauche. Nous proposons d’engager une démarche politique pour l’émergence d’un « Parti de la Gauche ».

Un outil : un nouveau parti socialiste : Il faut rénover les pratiques, favoriser l’émergence d’un nouveau militantisme, promouvoir le débat et la formation. Notre parti doit redevenir un parti de débat, démocratique, à l’écoute du mouvement social.

Voter pour la motion Un monde d’avance c’est :

Affirmer une orientation à gauche pour notre parti. La Gauche est victorieuse lorsqu’elle est la Gauche, comme en 1981 ou en 1997. Elle est défaite lorsque les électeurs ne savent plus qui elle est, comme en 2002 ou 2007. Pour gagner en 2012, le PS doit donc s’affirmer à gauche.

Vouloir un changement réel par rapport à la direction sortante du PS dont sont issues les 3 autres principales motions.

Faire le choix du renouveau et de la rénovation : le PS a besoin d’un nouveau souffle, d’un sursaut, que porte la candidature de Benoît Hamon plus que toute autre.

C’est ainsi offrir aux Français les raisons d’espérer qu’ils attendent de nous. C’est donner à la Gauche les meilleures chances de gagner en 2012.

Le 6 novembre, saisissons la chance qui nous est donnée d’affirmer notre volonté de voir notre parti changer. Ensemble, prenons un monde d’avance, reconstruisons l’espoir.







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